On engage des indics à la prison de Salé II : Moulat Driss et Mohamed Al Baqali vous offrent un GSM Galaxy comme outil de travail.

par Luk Vervaet

L’utilisation d’informateurs et d’indicateurs par la police et les services de renseignements est une pratique courante aussi bien en Belgique qu’au Maroc. Aussi et surtout dans les prisons. En échange d'une rémunération, d'un assouplissement du régime carcéral ou d’une diminution de peine, des détenus sont recrutés pour procurer des informations sur leurs codétenus à la police et à la direction pénitentiaire. Au Maroc, ce genre de pratiques dépasse tous les limites.
Récemment un énième scandale a éclaté à la prison de Salé II.
Depuis un an, la DGAPR du Maroc (la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion) est en train d’établir un rapport sur chaque détenu qui se trouve dans les prisons marocaines. 
Des détenus à Salé II ont découvert récemment que deux membres du personnel pénitentiaire, monsieur Moulat Driss et monsieur Mohamed El Baqali, engagés pour faire ce travail pour la DGAPR, recrutaient systématiquement des détenus en détention préventive, non-condamnés, pour faire ce sale boulot. 
En échange de promesses d’un bon rapport sur leur comportement en prison, d’une diminution de leur peine éventuelle ou même d’un blanchissement lors du procès à venir, Driss et El Baqali offraient à ces détenus des GSM Galaxy pour espionner, filmer et enregistrer d’autres détenus. Les détenus indics en question avaient reçu comme ordre de bien cacher leurs GSM lors des fouilles des cellules ou même les jeter par la fenêtre si nécessaire.
S’il faut une illustration supplémentaire de l’état de non-droit au sein des prisons marocaines, de la corruption, des méthodes illégales et de la manipulation des détenus les plus faibles qui y règnent, en voilà une.
La DGAPR est-elle au courant des pratiques illégales de Driss et El Baqali ? 
Et les couvrira-t-elle ?



      

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